Helheim, le royaume de Hel

 

L'au-delà nordique se compose de plusieurs royaumes. Outre le Valhalla, le plus connu, dirigé par Odin, l'au-delà nordique comprend également Folkvang, « le champ du peuple » ou « le champ des guerriers », qui est dirigé par Freya ; la demeure sous-marine de la géante Ran, où allaient les guerriers morts en mer ; et bien sûr, Helheim.

Les sources en vieux norrois sont loin d'être claires sur la destination exacte dans l'au-delà. L'endroit où l'on va après la mort n'est pas une sorte de récompense pour un comportement moral ou une croyance pieuse, ni une punition pour un comportement immoral.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire communément, le royaume de Hel ou Helheim, en vieux norrois pour « caché », n'est pas un lieu de punition dans la religion nordique, mais simplement une continuation de la vie ailleurs. Les morts à Hel passent leur temps à faire les mêmes choses qu'ils faisaient dans la vie : manger, boire, se battre, dormir, et ainsi de suite. Dans certaines sagas, il est même dépeint comme une terre de vie étonnamment abondante de l'autre côté de la mort. 

De toutes les sources en vieux norrois, une seule décrit Hel comme un lieu profondément désagréable : l'Edda en prose du savant islandais Snorri Sturluson, du XIIIe siècle. Snorri a écrit de nombreuses générations après que la religion nordique ait cédé la place au christianisme et ait cessé d'être une tradition vivante, et il avait l'habitude d'étirer les preuves dont il disposait pour présenter ses ancêtres pré-chrétiens comme ayant anticipé des aspects du christianisme. Sa description carrément comiquement exagérée de Hel est un excellent exemple de cette tendance. Pour Snorri, l'assiette de la déesse Hel s'appelle Faim (Hungr), ses serviteurs Lente (Ganglati) et Paresseuse (Ganglöt), le seuil de sa porte Pierre d'achoppement (Fallandaforað), son lit Maladie (Kör) et ses rideaux Malheur Sombre (Blíkjandabölr). Peu d'érudits acceptent de telles descriptions comme des produits authentiques de l'âge viking.

Tout aussi risible est l'affirmation de Snorri selon laquelle tous ceux qui meurent au combat vont au Valhalla, la sublime salle du dieu Odin, tandis que tous ceux qui meurent de maladie ou de vieillesse vont à Hel. Snorri contredit lui-même ouvertement sa distinction entre le Valhalla et Hel dans sa version du récit de la mort de Baldr, le fils d'Odin, qui est tué violemment et est néanmoins porté à Hel. Aucune autre source ne fait cette distinction, et plusieurs offrent d'autres exemples contraires.

Helheim est gouverné par la déesse Hel, fille de Loki et du Jötunn Angrboda. La moitié de son corps est celui d'une belle femme, tandis que l'autre moitié est celui d'un cadavre, parfois représentée comme blanche et exsangue, parfois comme noire comme la tourbe ou même bleue. Les frères et sœurs de Hel sont le Grand Serpent Jörmungandr, le cheval d'Odin Sleipnir et le puissant loup Fenrir.

Les frontières d'Helheim commencent par la rivière Élivágar (vagues de glace). Traversant la rivière, le pont Gjallarbrú (pont de Gjöll), décrit comme un pont couvert "recouvert d'or étincelant" mène aux grandes portes de Hel, nommées Nágrindr (portes des cadavres), à l'embouchure de la grotte Gnipahellir, où le loup Garmr, qui signifie Chien de l'Enfer, hurle chaque fois que le royaume reçoit de nouveaux arrivants. Seuls les morts peuvent franchir les portes de Hel, les vivants qui ont visité l'endroit ont dû recourir à la ruse, ou même sauter les hauts murs entourant la porte, comme l'a fait Hermodr, en chevauchant Sleipnir.

Les racines d'Yggdrasil sont solidement plantées sur Helheim, ce qui pourrait signifier que les neuf royaumes sont tous ancrés dans le royaume des morts. Les racines de l'arbre-monde sont constamment rongées par le dragon Níðhöggr (Frappeur de Malice), qui espère endommager et faire tomber Yggdrasil, mettant ainsi fin aux neuf royaumes.

 

Sources :

Lindow, John. 2002. Norse Mythology: A Guide to the Gods, Heroes, Rituals, and Beliefs. Oxford University Press. ISBN 0-19-515382-0

Orchard, Andy. 1997. Dictionary of Norse Myth and Legend. Cassell. ISBN 0-304-34520-2

Simek, Rudolf. 2007 [1993]. Translated by Angela Hall. Dictionary of Northern Mythology. D.S. Brewer. ISBN 0-85991-513-1

Jesse Byock (2005) Snorri Sturluson, The Prose Edda. 1st. edition. London, England: Penguin Books Ltd. ISBN-13 978-0-140-44755-2

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Alison Gibson
Gert Andre

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