Le siège de Paris par les Vikings, 1re partie sur 2 : Ragnar Lothbrok et le premier siège en 845

En l'an 845, une grande flotte viking apparut à l'embouchure de la Seine et commença à attaquer les villes en amont. À l'époque, les citoyens du royaume de Francie pensaient que la fin des temps était proche, mais les attaques n'étaient qu'un prélude à la véritable cible : Paris.

 Paris au IXe siècle

Le siège de Paris fut l'un des événements les plus importants de l'histoire des Vikings, sans doute aussi important que le tout premier raid à Lindisfarne en 793. Paris fut la première fois que les Vikings tentèrent – et réussirent – à prendre une grande ville, marquant le début de l'expansion viking en Europe de l'Ouest.

L'histoire du siège commença quatre ans auparavant, vers l'an 841. Le grand héros Ragnar Lothbrok avait auparavant reçu des terres à Thourout, en Flandre, de Charles II «le Chauve» (roi de 823 à 877), en échange de la cessation des raids dans le royaume de Francie. Le roi décida bientôt de rompre ce serment – l'acte le plus déshonorant qu'on puisse commettre dans la culture nordique – et de reprendre les terres à Ragnar et à ses partisans. Charles II venait d'attirer la colère et la vengeance des hommes du Nord sur son royaume.

En mars 845, une flotte de 120 navires vikings, transportant plus de 5 000 hommes, entra dans la Seine sous le commandement d'un chef nommé «Reginherus», également connu sous le nom de héros légendaire Ragnar Lothbrok, et se dirigea vers Paris.

Peut-être que le mot «siège» n'est pas le meilleur pour décrire le pillage de Paris en 845. Les Vikings n'apportèrent pas d'équipement de siège : la ville n'avait pas de défenses et aucun siège n'était donc nécessaire. Paris n'avait qu'une seule défense naturelle, la Seine, mais cela ne représentait presque rien face aux meilleurs navigateurs du monde à l'époque, et les défenseurs francs étaient complètement mal préparés à l'assaut viking.

Ragnar et ses hommes commencèrent leur remontée de la Seine en ravageant Rouen en l'an 845. Le roi Charles II «le Chauve» était déterminé à ne pas laisser l'abbaye royale de Saint-Denis (près de Paris) être détruite, et en réponse à l'invasion, il rassembla une grande armée, qu'il divisa en deux parties, une pour chaque rive du fleuve.

C'était une excellente nouvelle pour les Vikings, qui n'avaient désormais plus qu'à affronter une demi-armée à la fois. Les Vikings attaquèrent et vainquirent l'une des divisions de la plus petite armée franque, firent 111 de leurs hommes prisonniers et les pendirent sur une île de la Seine en l'honneur d'Odin. Il est compréhensible que cela causa une grande détresse et une grande frayeur aux forces franques restantes.

Statue d'Odin à Hanovre, Allemagne

Les Vikings arrivèrent à Paris le dimanche de Pâques, 29 mars, entrèrent dans la ville et la pillèrent. Les Francs ne purent organiser une défense efficace, et les Vikings ne se retirèrent qu'après avoir reçu du roi Charles II «le Chauve» une rançon de 7 000 livres d'argent et d'or. En termes modernes, cela représente environ 2 570 kg (5 670 lb) d'argent et d'or, une somme colossale pour l'époque. Et ce n'était que le premier des treize paiements versés aux Vikings.

Alors que certaines sources affirment que les Vikings auraient pu tenir la ville indéfiniment si les circonstances avaient été différentes, les chroniques historiques racontent qu'une épidémie de peste éclata dans le camp viking, ce qui aurait grandement entravé leur capacité de combat. En fait, lors de ce premier raid sur Paris, plus de Vikings périrent de dysenterie que de combats réels.

Quelles que soient les raisons, Ragnar et ses hommes quittèrent Paris avec de lourds sacs d'argent et d'or, ce qui est une bonne journée pour tout Viking.

L'impact du siège viking de Paris fut considérable et eut des conséquences durables tant pour les Vikings que pour les Francs. Pour les Vikings, le siège fut un tournant, car il démontra leur puissance et leur capacité en tant que force militaire, ouvrant la voie à leur expansion ultérieure en Europe occidentale. Pour les Francs, le siège fut un signal d'alarme, car il révéla la vulnérabilité de leurs villes et la nécessité de défenses plus solides et d'une meilleure préparation militaire.

La semaine prochaine, nous parlerons du deuxième siège de Paris, qui fut mené entre autres par Rollon le Marcheur, dont les descendants devinrent rois de France et d'Angleterre.

 

Sources

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Craig Dowding

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